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Présentation. 08/10/2016



Will you let it die or let it grow?
 
La vie nous offre beaucoup de choses et certaines fois, elles les reprends sans prévenir, sans en expliquer la cause. Certains disent que le destin y est pour beaucoup, d'autres se répètent qu'ils sont nés avec une malédiction. Une vie est unique, elle n'est pas toute rose. La vie peut être tellement injuste, tellement destructrice. Une vie sur terre est, pour cette dernière, totalement insignifiante. Une vie pour quelqu'un, peut être la chose la plus importante du monde. Tellement importante qu'on est tout prêt à se battre pour la garder. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'une vie, on en a qu'une et qu'il faut la vivre à fond.
 
 
 
***
 
Fanfiction sur Shawn Mendes
Alcyone | Romance, Drame.
 
***
 
© Par propriété exclusive de l'auteur, la copie et les utilisations partielles ou totales de son travail sont interdites; conformément aux articles L.111-1 et L.123-1 du code de la propriété intellectuelle.
Tous Droits Réservés


***

Habillage fait par NightAndDreams

Répertoire : Hôpital.
 

***
 
Cette histoire me tient énormément à c½ur, je n'ai jamais écrit d'histoire aussi personnelle que celle-ci. Sachez que beaucoup de choses que vous pourrez lire dans cette histoire, sont inspirés de ma propre vie et de ce que je vis en ce moment. Cette histoire, c'est comme un exutoire pour moi. Elle me vient du c½ur, et j'espère qu'elle vous plaira. J'attends vos avis constructifs avec impatience. Bonne lecture.


***
Vous pouvez me retrouver ici : Affectus | Bird-SetFree
 
 
 

08/10/2016


 
 
1.


Daniel s'affairait derrière les fourneaux. Ce soir était un grand soir. Il allait présenter sa nouvelle petite amie, à sa fille de dix-neuf ans. Il la fréquentait depuis maintenant un an et demi. Il n'en avait jamais parlé à Millie, de peur de la mettre en colère. Elle avait toujours eu l'habitude de le voir célibataire.
 
Millie n'avait jamais connu sa mère, elle était décédée après l'accouchement, suite à une hémorragie interne. Daniel avait eu du mal à s'en remettre. Il n'aurait jamais imaginé que le plus beau jour de sa vie devienne le pire en quelques minutes. Millie n'avait jamais eu de figure maternelle pour l'aider à grandir. Malgré le fait que sa tante vienne souvent lui rendre visite. Daniel n'avait jamais trouvé qu'elle en avait manqué. Comment pouvait-on être en manque de quelque chose que l'ont a jamais eu ?
 
Millie était sa fierté. Elle avait décroché son diplôme haut la main. Et à présent, elle était à l'université depuis un an maintenant. Elle voulait travailler dans le marketing. La vente, c'était son truc. Daniel jeta un ½il à l'horloge de la cuisine. Il devait aller la chercher à 18h. D'habitude, elle prenait le bus pour revenir chez elle, mais exceptionnellement, ce soir, Daniel avait décidé d'aller la chercher. Il voulait la mettre de bonne humeur pour que la nouvelle passe le mieux possible. Il espérait aussi au fond de lui qu'elle est passée une bonne journée, cela faciliterait encore plus les choses.
 
Il était sur le point de mettre son gâteau au four, quand son portable vibra bruyamment sur le comptoir. Il y jeta un ½il et vit un message de sa fille.
 
De : Millie
J'ai fini mon exam plus tôt, tu peux venir me chercher maintenant, je t'attendrais sur le parking. Bisous.
 
Ça s'annonçait plutôt mal. Quand sa fille finissait un examen plus tôt, il y avait une chance sur deux pour que ça se soit mal passé. Il lui répondit simplement qu'il arrivait et rangea l'appareil dans la poche de son jean. Il enfila sa veste en cuir noir, verrouilla la porte de la maison et grimpa dans sa voiture. Une vingtaine de minutes plus tard, il arriva sur le parking de l'université. Il vit sa fille assise sur un muret, les écouteurs enfoncés dans les oreilles, jouant sur son portable. Il klaxonna en espérant qu'elle entende. La jeune fille sursauta, ôta un de ses écouteurs avant de regarder à gauche et à droite. Quand elle vit son père, elle attrapa son sac de cours et rejoignit la voiture. Millie était vêtu d'un pull angora rose, d'une jupe tube noire et d'une paire de bottines à talons noirs. Elle avait tiré ses cheveux caramel en une queue-de-cheval, faisant ressortir son visage rond et ses yeux verts. Elle monta dans la voiture, déposa son sac de cours à l'arrière et salua son père d'une bise.
 
« Pourquoi tu voulais venir me chercher en fait ? J'aurais pu prendre le bus, comme d'hab. Dit-elle en attachant sa ceinture de sécurité.
-Je voulais passer un moment avec toi. Répondit Daniel, serrant ses doigts autour du volant.
-Passer un moment avec moi ? T'as regardé quoi encore comme émission débile ? Je vais bien, papa.
-Je ne regarde pas d'émissions débiles.
-A peine. Tu es toujours en train de regarder des reportages sur des familles monoparentales et des trucs dans le style.
-Oui, mais ça m'aide.
-Ça t'aide pour quoi ? Papa, je vais bien. Tu t'occupes très bien de moi, pas la peine de t'en vouloir. Tu n'y es pour rien. On est très bien tous les deux. Bon, tu démarres ?
-Millie. Il faut que je te dise quelque chose.
-Ben, vas-y.
-J'ai rencontré quelqu'un.
-Cool. On rentre maintenant ?
-Millie, je suis avec une femme depuis un an et demi. Et je l'ai invité ce soir à dîner. Elle va venir avec sa fille. Et elles vont venir s'installer à la maison.
-J'te demande pardon ?
-Tu as très bien entendu.
-Et tu prends les décisions comme ça ? Tu m'en parles pas avant ?
-Millie, t'es assez grande pour comprendre quand même non ?
-Mais c'est pas une question de comprendre ou pas. Y'a juste deux femmes que je connais pas qui vont venir vivre à la maison sans que je sois d'accord. Excuse-moi, mais ça me pose un problème.
-En quoi ça te poserait un problème, la journée, tu es à l'université et le week-end, on te voit jamais puisque tu travailles dans ta chambre. Millie, la maison est assez grande pour qu'elles viennent sans que ça te dérange.
-Super. En plus, j'ai même pas mon mot à dire.
-Non, absolument pas.
-Et si je les aime pas ?
-Millie, ce que tu peux être égoïste. Et à mon bonheur, tu y penses ?
-Ça y est, tu vas faire le martyre.
-Millie ! Ça suffit ! »
 
La jeune fille attrapa son casque et enclencha la musique. Elle monta le son à un volume assez élevé avant de coller sa tête contre la vitre. Daniel soupira et démarra la voiture. Malheureusement, ça ne s'était pas passé comme prévu. Le trajet se passa dans le plus grand des silences, Daniel entendait simplement la chanson qu'écoutait sa fille à travers son casque. Une fois arrivée à la maison, la jeune fille descendit de la voiture avant de claquer violemment la porte. Daniel soupira une deuxième fois. Il descendit à son tour, Millie s'était adossée au mur, attendant que son père débarre la porte.
 
En entrant dans la maison, la jeune fille monta directement dans sa chambre, ne manquant pas de claquer une nouvelle fois la porte, histoire de bien montrer qu'elle était contrariée. Le patriarche retourna dans la cuisine, mit son gâteau au four et décida de monter à l'étage pour discuter avec sa fille. Il frappa à la porte. Aucune réponse. Il réitéra l'expérience. Toujours rien.
 
« Millie. Essaye de me comprendre. Je me sens seul ici moi. Je ne te reproche absolument rien. Mais j'ai juste besoin d'affection... Millie... Réponds-moi. Tu sais que ton comportement équivaut à celui d'une adolescente de quatorze ans-là ? Tu vaux bien mieux que ça, Millie... Elles arrivent à 20 heures, je compte sur toi pour être présente et de bonne humeur, ne me déçoit pas, et ne fais pas mauvaise impression alors que j'ai fait ton éloge.»
 
Daniel entendit tout d'un coup une guitare. Millie avait sûrement décidé de jouer de la guitare pour éviter une confrontation avec son père. Il soupira et descendit. Il lui restait l'entrée à préparer et à mettre la table. Il s'attela à la tâche en écoutant d'une oreille ce que sa fille faisait. Une mélodie avait maintenant envahi sa chambre et le couloir. Il pouvait même entendre Millie chanter.
 
Une heure plus tard, Daniel était en train de regarder les informations à la télévision quand on sonna à la porte. Il se leva, inspira un bon coup et alla ouvrir la porte. Il vit sa fiancée et sa fille, souriantes et enjouées. Il les fit entrer après les avoir saluées et appela Millie, du bas des escaliers. Au fond de lui, il priait pour qu'elle daigne descendre juste pour faire bonne impression. Son c½ur reprit un rythme normal quand il entendit la porte de la chambre de sa fille s'ouvrir. Elle descendit et salua les invités d'une bise.
 
« Salut, je m'appelle Sam. Dit la jeune fille en lui faisant la bise.
-Enchantée, Millie.
-Et moi, c'est Cleo. Ajouta la fiancée de Daniel.
-Enchantée. »
 
Ils allèrent tous s'installer à table. Millie en profita pour observer les deux femmes. Cleo devait avoir une quarantaine d'années. Elle était vêtue simplement d'un léger pull blanc en laine et d'un jean noir, accompagné d'une paire d'escarpins noirs. Ses cheveux blonds lui tombaient en cascade sur les épaules, et ses yeux bleus respiraient la joie de vivre. Sa fille, Sam, semblait avoir dix-neuf ans elle aussi, elle avait les cheveux courts, châtains clairs, tournant au roux à la lumière, accordée à ses yeux marron. Elle était simplement vêtue d'une robe bleu marine et d'une paire d'escarpins noirs.
 
Millie sourit gentiment aux deux femmes et fit le service, comme une jeune fille modèle. Elle avait décidé de faire un effort pour son père. Il l'avait élevé pendant dix-neuf ans, il méritait bien cela. Mais cela ne voulait pas dire qu'elle acceptait le fait qu'elles viennent s'installer chez eux et briser leur rythme de vie.
 
Au fur et à mesure du repas, Sam commençait déjà à lui taper sur les nerfs. Elle était constamment en train d'envoyer des SMS à ses amis à table. Le pire, c'était le petit bip qui avertissait d'un message. Il résonnait toutes les deux minutes. S'en suivait un rire de la jeune fille. Millie se retenait vraiment de lui dire quelques mots. Cleo jeta un rapide coup d'½il à Millie qui se trouvait en bout de table et vit son agacement sur son visage.
 
« Sam, chérie, est-ce que tu peux arrêter de discuter avec Shawn pendant le repas. Ça serait beaucoup plus respectueux. Déclara Cleo. »
 
Sam souffla et rangea son téléphone dans le sac à main de sa mère. Millie, dans un élan de gentillesse commença à poser des questions pour essayer de s'intéresser un peu.
 
« Shawn, c'est ton petit ami ? Demanda Millie à Sam.
-Non, c'est mon meilleur ami. Mon petit ami s'appelle Max.
-D'accord. Et tu as quel âge ?
-Dix-neuf et toi ?
-Pareil.
-Tu fais quoi comme étude ?
-J'en fais pas. Je travaille comme vendeuse dans un supermarché de bricolage.
-Et ça te plaît ?
-Pas vraiment. Mais il faut bien de l'argent pour faire le tour du monde.
-C'est vrai.
-Et toi, tu fais quoi comme étude ?
-Je suis à l'université, en marketing, je veux travailler dans la vente et la publicité.
-Cool. »
 
Sam semblait blasée en prononçant ses derniers mots. Millie avait au moins essayer de faire connaissance, mais elles ne semblaient pas vraiment sur la même longueur d'onde. Daniel sourit tout de même à sa fille, la remerciant du regard. Elle lui rendit son sourire et avala une bouchée de haricots verts en soupirant. Le dîner allait être long...
 
Le dîner se termina une heure plus tard. Les deux femmes partirent en annonçant à Daniel, qu'elles viendraient emménager chez lui, la semaine prochaine. Il hocha de la tête en signe de réponse. Il leva sa main en l'air pour leur dire au revoir pendant que Millie débarrassait la table en silence. Sa gorge était nouée et son c½ur serré. Elle mit la vaisselle dans le lave-vaisselle, salua son père d'une bise et monta dans sa chambre sans dire un mot. Daniel était perdu. Elle était pourtant souriante pendant le repas. Il mit le lave-vaisselle en route, verrouilla la porte d'entrée, fit descendre les volets roulants, éteignit les lumières du rez-de-chaussée et monta à l'étage. Arrivé devant la porte de la chambre de Millie, il entendit une mélodie. Par curiosité, il colla son oreille contre la porte. Sa fille jouait de la guitare et chantait une chanson. Rien qu'à entendre quelques paroles, quelques larmes coulèrent sur ses joues.
 
« J'suis pas bien dans ma tête, maman
J'ai perdu le goût de la fête, maman
Regarde comme ta fille est faite, maman
J'trouve pas de sens à ma quête, maman. »
 
 
Daniel gagna sa chambre, le c½ur lourd. Il ôta ses vêtements et se coucha. Il se mit à regarder le plafond simplement éclairé par une petite lampe, posé sur sa table de nuit. Peut-être que pendant toutes ses années, il avait eu tort. On peut manquer de quelque chose que l'on n'a jamais eu. Pourquoi elle n'avait rien dit ? Pourquoi faisait-elle comme si tout allait bien alors qu'au fond d'elle ça n'allait pas ?
 
Millie n'avait pourtant jamais été une fille difficile à vivre, elle n'avait jamais fait de crise d'adolescence, n'avait jamais piqué de colère jusqu'à ce soir. Elle avait toujours été une fille joyeuse, heureuse de vivre, souriante. Peut-être que ce n'était qu'une façade, une carapace qu'elle portait pour n'inquiéter personne.
 
Daniel se mit à pleurer. Il se sentait coupable. Pourtant, il n'y était pour rien. Tout ça n'était pas de sa faute. Mais il doutait. Peut-être que c'était une mauvaise idée de faire emménager Cleo et Sam ici alors que Millie allait mal. Il était totalement perdu. Alors qu'il y a encore quelques minutes, il était tout à fait sûr de lui. Quelques paroles de chansons venaient de lui chambouler la tête. Il réussit à s'endormir vers trois heures du matin.

20/10/2016



2.
 
 
Sam entra dans le bar où travaillait Shawn, son meilleur ami. Elle alla s'installer au comptoir comme à son habitude. Le patron la salua d'un grand sourire et retourna derrière chercher le pain au chocolat que son client venait de commander. Elle entendit quelqu'un tousser et se retourna pour voir Shawn. Il fit la bise à sa meilleure amie avant de terminer de nouer son tablier autour de sa taille. Tout d'un coup, un groupe de quatre filles vinrent au bar.

« Dit, Shawn, tu pourrais nous servir un chocolat chaud toutes les quatre. Dit une des filles en lui faisant les yeux doux.
-Oui. Je vous sers ça tout de suite, allez vous installer.
-Merci. »

Les quatre jeunes filles allèrent s'installer à une table non loin du bar et ne décrochèrent pas leur regard du jeune homme. Sam les observa du coin de l'½il et se mit à pouffer de rire.

« T'as toujours autant la côte à ce que je vois. Plaisanta Sam avant d'imiter la jeune fille avec une voix suraiguë ''Dit, Shawn, tu pourrais nous servir un chocolat chaud à toutes les quatre'' et le s'il te plaît, grognasse, on t'a jamais appris la politesse.
-T'es jalouse ? S'exclama Shawn, en commençant à remplir des tasses de chocolat chaud.
-D'elles ? Pas vraiment non. Et tu vois ça m'étonnerait même pas qu'à la fin, elles viennent à ton bar et proposent de payer en nature, tellement elles te dévorent des yeux.
-Arrête donc de les dévisager comme ça, je veux pas perdre des clients, sinon le patron va me hurler dessus.
-Ouais, ben ton patron, il devrait être accusé de proxénétisme à ce niveau-là, mais regarde moi ça. Regarde leur look, un centimètre en moins de tissus et on voit tout. J'te jure.
-Mais arrête donc, c'est pas parce que toi, tu aimes les jupes qui descendent jusqu'aux chevilles que tu dois tout critiquer.
-Ben forcément toi ça te déplaît pas puisqu'elles sont toutes à tes pieds. Tu leur demanderais de te lécher les chaussures, elles le feraient, et avec sensualité en plus.
-C'est quand même pas ma faute si le bon dieu m'a gâté.
-Ouais, ben, il a raté quand même un truc hein.
-Sam ! Arrête avec ça.
-Quoi ? J'ai raison, non ?
-Peut-être. Peut-être pas. C'est comme ça, c'est tout. Je vais servir les filles et ensuite, tu me racontes comment ça s'est passé hier soir avec ta future nouvelle famille.
-Ok, et tu me serviras un cappuccino s'il te plaît. »

Le jeune homme acquiesça d'un signe de tête, il descendit du comptoir un plateau à la main et alla servir les jeunes filles avec un grand sourire. Sam le regarda. Il était vrai que son meilleur ami était plutôt gâté par la nature. Il était grand et longiligne. Il était juste assez musclé. Ni trop, ni pas assez. Juste assez pour que son tee-shirt blanc les fasse ressortir. Son pantalon slim noir faisait ressortir ses grandes jambes et les dessinaient parfaitement. Mais ce qui faisait fondre les filles, c'était sa mâchoire carrée, ses yeux noisette et ses cheveux châtains foncés coiffés mais pas trop non plus. Il sortait d'une page d'un magasine de mode, c'était sûr. En l'imaginant sortir d'un vulgaire magasine, Sam pouffa de rire. Shawn le remarqua et haussa un sourcil.

« Pourquoi tu ris ? Demanda-t-il en posant le plateau sur le comptoir.
-Pour rien, je t'imaginais juste sortir d'un magasine, c'est une image plutôt drôle.
-T'es vraiment dérangée comme fille. Tu le sais ça. S'exclama-t-il en posant la tasse de cappuccino devant sa meilleure amie.
-Mais c'est pour ça que tu m'aimes non ?
-Si c'est ce que tu crois. Alors ce dîner hier soir, tu n'as plus envoyé de SMS après.
-Normal, ma mère m'a dit d'arrêter, parce que soit disant, c'était mal poli.
-Elle a raison en même temps. Lui fit remarquer Shawn en nettoyant un verre de bière.
-T'es sensé me défendre, pas être d'accord avec ma mère.
-Bon, raconte.
-C'était plutôt cool, le gars à l'air gentil, un peu soumis, mais gentil.
-Et ta future demi-s½ur ?
-Gentille, mais beaucoup trop coincée. J'te jure, mademoiselle fait des études de marketing.
-Et alors ? Je vois pas le problème.
-Elle veut gaspiller son temps à faire des études alors qu'elle est jeune et qu'elle pourrait profiter de la vie, voyager, voir d'autres cultures. Ça me déprimerait de passer mes journées dans une classe à écouter un prof parler de finances, de bourses et de tout ça. Berk, j'ai la gerbe, rien qu'à y penser. Le pire, c'est que je crois qu'elle a jamais fait la fête de sa vie, cette fille. Ça en devient triste. Je sais même pas si elle a déjà eu un copain quoi.
-Pourquoi ? Elle est pas jolie ?
-Si. Enfin, elle est pas moche quoi. Après, c'est pas mon style.
-Ben normal en même temps, à ce que je sache, les filles c'est pas vraiment ton truc.
-Ouais, je montrerai une photo à Max pour qu'il me dise si elle est belle ou pas.
-Et moi alors ? Je compte pour du beurre ?
-Tu trouves aucune fille jolie toi. À croire que tu vas finir ta vie soit avec un garçon, soit seul.
-Fais voir. Soupira-t-il en tendant la main.
-Oui, ben deux minutes, je cherche son Facebook. En espérant qu'elle en ait un.
-Parce que t'as pas demander non plus ?
-Non. Je te dis, elle est super ennuyeuse comme fille.
-Ce que tu peux avoir un avis super tranché toi. Râla-t-il en allant prendre la commande d'un client qui venait de s'asseoir. »

Sam roula des yeux à la remarque de son meilleur ami et chercha le Facebook de sa future demi-s½ur. Elle le trouva et fut étonnée de ce qu'elle vit. La jeune fille avait une photo de profil plutôt jolie. Simple, mais joli. Elle était plus à son avantage que quand elle l'avait vu hier. Sur la photo, Millie avait légèrement maquillé ses yeux d'un trait d'eye-liner, ce qui mit ses yeux verts en valeur, elle avait laissé ses cheveux caramel détachée, et portait un bonnet en laine rose pâle. Elle avait maquillé ses lèvres avec un rouge à lèvres prune. Et elle souriait. Elle n'était pas si coincée que ça finalement. Shawn revint à son comptoir.

« Alors, cette photo, elle arrive ?!
-Ouais, tiens. »

Le jeune homme prit le portable de sa meilleure amie et regarda le cliché. Il sourit.

« Si, ça, c'est être ''pas moche'', qu'est-ce que c'est une fille ''jolie'' pour toi, alors ? Rit le jeune homme en servant une bière.
-Ouais, mais hier soir, elle était pas comme ça aussi, elle souriait pas et elle avait des cernes sous les yeux.
-Ça s'appelle être fatigué, elle va à l'université, je te rappelle.
-Ouais... En tout cas, ça veut dire qu'elle a besoin de maquillage pour être jolie.
-Parce que t'en as pas besoin toi ? Tu veux que je te montre une photo de toi sans pour voir ?
-C'est ma fête aujourd'hui ?
-Non, juste qu'il faut que tu arrêtes d'être méchante et désagréable avec les gens qui ne t'ont rien fait.
-Ouais, je crois que je vais aller bosser. Dit Sam en se levant et déposer le prix de son cappuccino sur le comptoir
-Ok. Et tu diras à ta mère que je viendrais vous aider pour l'emménagement. »

Sam répondit d'un simple doigt d'honneur avant de quitter le bar. Shawn rit et reprit son travail plus sérieusement.
 
 
 
 
Daniel avait mauvaise mine. Il était assis à son bureau et certains de ses collègues lui avaient déjà fait la remarque. Il le savait qu'il avait de petits yeux et qu'il était pâle. Il était fatigué, tout simplement. Il effectuait le travail qu'on lui donnait machinalement, sans vraiment y prêter attention. Tout à coup, il prit une décision. Il fallait qu'il parle à Millie. Il fallait qu'ils aient une discussion sérieuse, sans mensonges et sans omissions. Il prit son téléphone portable et rédigea un message pour sa fille. Il écrivit simplement « Ce soir, je viens encore une fois te chercher à l'université, il faut qu'on parle. ». Il regarda l'heure et se remit à son travail avec un peu plus d'entrain. Arriva la pause-déjeuner, il se leva, quitta son bureau et rejoignit son collègue à la cafétéria. Ils prirent leur repas ensemble et discutèrent de tout et de rien, quand le portable de Daniel vibra dans la poche de son pantalon. Il le sortit et ouvrit son message.

De : Millie
On est vendredi, j'ai mon cours de guitare et de chant après les cours. Contente de voir que tu as encore une fois oublié. Ne m'attends pas pour manger, je rentrerai tard ce soir. Je vais travailler chez Cassidy. On a un exposé. Bisous.

Le patriarche mit sa tête dans ses mains après avoir lâché violemment son téléphone sur la table. Il enchaînait les erreurs, on dirait.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda son collègue.
-Je suis vraiment un boulet comme père.
-Oh, mais dis pas ça. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
-Hier soir, j'ai invité Cleo et sa fille à manger à la maison et j'ai annoncé à Millie qu'elles allaient habiter ici, ça ne lui a pas plu. Ensuite hier soir, je l'ai vu faire des efforts à table, j'étais heureux, mais après le dîner, elle est montée dans sa chambre sans dire un mot et je l'ai entendu chanter une chanson à propos de sa mère. J'aurais jamais pu penser que sa mère puisse lui manquer puisqu'elle ne l'a jamais connu. Pour moi, on ne peut pas avoir un manque de quelque chose que l'on n'a jamais eu. À croire que je me suis trompé. Alors ce matin, j'ai décidé de parler avec elle de tout ça. Je lui ai envoyé un message en disant que je voulais qu'on parle et tout ça, et là, elle vient de me répondre qu'elle a son cours de guitare et de chant et qu'elle rentrera tard parce qu'elle va bosser chez une amie. En gros, elle m'évite. Je supporte pas ça. Je m'en veux.
-Hé, calme-toi ! Tout ça n'est pas de ta faute, tu n'y es pour rien. Tu n'as pas tué sa mère, tu ne l'as pas quitté non plus. Elle est décédée à l'accouchement. Tu pouvais rien faire de toute manière. Je pense juste que Millie fait un peu sa petite fille pourrie gâtée. Tu lui as toujours tout cédé, Daniel. Elle voulait faire de la danse, tu lui as payé des cours de danse. Maintenant, la guitare et le chant. Tout ça parce que tu t'en es toujours voulu pour la mort de Beth. Mets-toi une bonne fois pour toutes que tu n'y es pour rien. Ta fille, elle est simplement en train de faire une crise d'adolescence tardive. Crois-moi, elle va vite redescendre sur terre. Certes, elle a besoin de sa mère, mais c'est pas une raison pour tout te rejeter dessus.
-Elle ne m'a jamais rien rejeté dessus. Elle n'a jamais arrêté de dire qu'elle allait bien. C'est juste hier soir, quand je l'ai entendu chanter que j'ai compris qu'elle allait pas vraiment bien.
-Alors oui, il faut que vous parliez, mais dis-toi que ce n'est pas de ta faute, elle le sait. Peut-être que ce qui la dérange, c'est que tu es remplacé Beth par une autre, elle pense peut-être que tu vas oublier sa mère.
-Je pourrais jamais l'oublier.
-Mais ça, ta fille ne le sait pas, Daniel. Et il faut lui dire avant qu'elle mène la vie dure à Cleo.
-Millie n'est pas comme ça.
-Comment tu peux le savoir ? Ça fait dix-neuf ans que tu vis tout seul avec elle.
-Oui, mais elle est grande quand même.
-Daniel, les jeunes de nos jours, on sait jamais ce qu'ils pensent. Parle avec elle, mais fais-le quand tu vois qu'elle est ouverte à la discussion. Pas avant.
-Oui, tu as raison. Merci. »

Daniel reprit son téléphone et répondit à sa fille un simple « D'accord, oui excuse-moi, j'ai un peu la tête ailleurs, j'ai mal dormi. Passe une bonne journée et une bonne soirée, je t'aime. ». Il reçut un « Je t'aime aussi. » quelques minutes plus tard. Ce simple petit message emplit son c½ur de joie. Il pût terminer sa journée, assez sereinement.
 
 
 
 
Millie sortit de son cours de chant. Elle sortit ses écouteurs de son sac de cours et les enfonça dans ses oreilles. Elle se dirigea vers le métro. À l'intérieur, elle s'assit sur un banc en attendant que le bon arrive. Il arriva dix minutes plus tard, elle entra dedans et s'installa sur une place au fond. Elle colla sa tête contre la vitre et ferma les yeux quelques instants. Elle les rouvrit quand elle sentit le train ralentir. Elle se leva et attendit que les portes s'ouvrent pour sortir. Elle emprunta les escaliers et se dirigea rapidement vers le cimetière de Mount Pleasant. Elle jeta un coup d'½il à toute la végétation présente dans ce cimetière avant d'arriver devant la tombe de sa mère. Elle s'assit sur le bord de la tombe et enleva les lierres qui commençaient à pousser sur les côtés. Ensuite, elle posa ses yeux sur les écritures. Il était marqué « Ici repose Beth Knight 1976-1996 ». Elle regarda ensuite la photo de sa mère à côté. Elle lui ressemblait énormément. La seule chose qui les différenciait était les yeux. Beth avait les yeux bleus.

« Maman. Je sais qu'on ne s'est pas connu, mais tu me manques quand même. J'aurais tellement aimé faire des choses avec toi, comme les magasins. J'aurais aimé parler avec toi en rentrant le soir, te raconter des trucs de filles. Tu aurais pu me rassurer quand je voyais mon corps changer, quand je devenais une jeune femme. C'est la première fois que je te dis tout ça, je sais. Je l'ai pas fait avant parce que j'en ressentais pas le besoin. Mais maintenant si. J'ai besoin de savoir si tu es fière de ce que je deviens, si tu es fière de moi. Si je suis la fille dont tu as rêvé. Je ne sais pas si tu as pu me voir quand je suis née. Je sais pas si tu as pu me prendre dans tes bras et pleurer de joie comme tous les parents le font. Tu sais, tous les jours, je me dis que si tu es pas là, c'est de ma faute. Parce que je suis née. Je me dis que si papa à été malheureux pendant dix-neuf ans, c'est de ma faute. Tu sais, papa, il t'aimait très fort. Je ne compte plus le nombre de fois ou je l'ai surpris en train de pleurer en regardant des photos de vous deux. Il les range dans une petite boîte qu'il pose sur la cheminée. Je m'en veux pour tout ça, tu sais. Je suis désolée d'être née. Tu dois m'en vouloir, non ? En tout cas, je t'aime énormément et en ce moment, j'aurais bien besoin de toi. Je veux pas que cette femme te remplace, tu sais. Elle ne sera jamais ma mère. Je te le promets. »

Millie regarda le ciel et vit que le soleil se couchait. Elle essuya les quelques larmes qui coulaient sur ses joues et reprit la route. Il fallait qu'elle mange un peu. Elle décida de rentrer chez elle à pied. Elle voulait être seule et réfléchir un peu. Elle remit sa musique en route.

La jeune fille rentra chez elle vers 23 heures. La nuit était tombée depuis un bon moment déjà. En entrant dans la maison, tout était éteins. Son père devait donc dormir. Elle ferma doucement la porte, et se dirigea dans la cuisine, elle ouvrit le réfrigérateur, prit les ingrédients qui lui fallait pour se faire une salade maison. Elle la mangea rapidement et monta se coucher. En arrivant en haut, elle vit la porte de la chambre de son père ouverte. Elle s'approcha et vit son père en train de lire.

« Tu es rentrée ma chérie. Dit Daniel, abaissant ses lunettes pour la regarder.
-Oui. Tu peux dormir tranquillement maintenant.
-Tu as pleuré ? Demanda-t-il en voyant les yeux rouges de sa fille.
-Oui. Mais t'inquiète pas pour moi. J'ai juste passé une mauvaise journée.
-Viens là. Ordonna doucement le patriarche en posant son livre et ses lunettes sur la table de nuit. »

Il tendit ses bras et Millie s'empressa de le rejoindre et de le serrer dans ses bras.

« Je suis désolée, papa.
-Désolée de quoi mon c½ur ?
-D'être née, après tout, c'est à cause de moi que maman est morte.
-Je t'interdis de penser des horreurs pareilles ! Millie, ce n'est absolument pas de ta faute, d'accord ? Ta mère et moi te désirions plus que tout. Mais ta mère à eu une grossesse très compliquée. On le savait très bien tous les deux.
-Tu voudras bien tout me raconter un jour ?
-Bien sûr, mon c½ur. Bien sûr. Mais ne repense plus jamais à ça d'accord ?
-Oui. Merci papa. »

La jeune fille se blottit contre son père et ferma les yeux. Ils s'endormirent tous les deux après cet élan d'affections dont ils avaient besoin l'un comme l'autre.